Dans un pays où la pauvreté touche de larges couches de la société, le Micro crédit est promis à un développement considérable. Mais sa réussite tient à la spécificité de ses agents. Nous les avons suivis pour mieux les connaître
Le développement de la micro finance tient toutefois à deux éléments : argent et agent. Si l’argent est le nerf de la guerre, les agents de crédit (ou agents de développement dans le jargon professionnel) sont le fer de lance de toute l’activité de la microfinance. Le terrain et le contact permanent avec les micros entrepreneurs sont les leitmotivs de tout agent qui se respecte. «N’est pas agent qui veut», dira Abdeljali Atfalah, chef de la branche Ziraoui de la Fondation Banque populaire pour le micro-crédit (FBPMC). La trentaine, licenciée en économie à la faculté de Mohammedia, Houda est agent de développement à la Fondation BPMC. Pour les besoins de notre reportage, Houda nous a emmené à la rencontre d’une poignée de ses clients, auteurs de véritable success-story dans le micro-crédit.
A son passage à travers les dédales de l’ancienne médina, qu’elle serpente aisément, Houda est déjà un visage familier. Beaucoup de gens ici, parmi les commerçants et les artisans, la connaissent, la saluent et la respectent. Elle est bien plus qu’un agent de crédit. Au fil du temps, elle a réussi à gagner la confiance de ses clients, pour devenir leur confidente, leur conseillère et leur complice. Son portefeuille compte une centaine de clients dont elle dit connaître les noms par cœur. Son champ d’action s’étend aussi aux quartiers de Maârif, Bourgogne Lahjajma ou Derb Ghallef.
De l’informel à la bancarisation
Première visite chez Touhami. Artisan d’origine rbatie, il a hérité de son père le savoir et l’art de confectionner des,,mdammas» (ceintures pour habits traditionnels). Dans son minuscule atelier, Touhami, assisté par sa femme, s’active pour préparer les commandes de ses clientes, essentiellement les tenantes des boutiques chics du Maârif. Se présentant comme un artiste plutôt qu’un artisan, il dit avoir travaillé pour des stylistes marocains de renom. Touhami arbore fièrement une photo où il apparaît en compagnie de l’ex-Premier ministre, Driss Jettou, lors d’une visite de ce dernier à un salon dédié aux petits métiers. Avant de devenir micro-entrepreneur, Touhami travaillait à son domicile pour les donneurs d’ordre des kissarias. Aujourd’hui, il en est à son énième crédit, grâce auquel il a pu s’acheter son petit local, climatisé de surcroît.
Assia, couturière spécialisée dans le beldi, est un autre exemple de success-story. Comme Touhami, le micro-crédit l’a sortie de l’ombre et de la clandestinité (de chez elle en fait) pour devenir propriétaire d’un local dans une kissaria. Assia est une cliente de longue date.
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