Maroc Tourisme
Written by admin on 3 décembre 2007 – 12:32 -Notre force est le partenariat public-privé
Abbas Azzouz, directeur général de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT)
A l’heure où la profession du tourisme marocain s’apprête à élire ses représentants à la tête de la Fédération Nationale du Tourisme, il m’a paru utile d’apporter un complément d’information à l’enquête menée par le magazine Économie & Entreprises intitulée «Les sept péchés du tourisme national». Ce point de vue ne se veut pas polémique mais a pour objectif de lever ce qui me semble être des problèmes de communication et de compréhension réciproques. D’abord, je voudrais rappeler le rôle de l’Office National Marocain du Tourisme, rôle qui malgré ses 90 ans d’existence n’est pas encore complètement compris par la profession. La vocation de l’ONMT n’est autre que de faire prospérer tout un secteur économique par la mise en oeuvre d’une stratégie marketing claire et efficiente. Cette stratégie suppose des choix en termes de marchés, de segments mais aussi d’outils et de niveau d’investissements. C’est ce qui a été fait depuis 2003 avec des choix qui ont été difficiles mais qui se sont révélés payants car basés sur des études solides des marchés et des consommateurs. Les maîtres mots de cette stratégie ont été focalisation, concentration, ciblage. Les résultats ne peuvent pas être mis en cause: des arrivées en augmentation de 10% en moyenne par an grâce à 1.680.000 Touristes étrangers de séjours (TES) supplémentaires entre 2003 et 2007 et seulement 463.000 MRE supplémentaires; des recettes touristiques en augmentation de près de 30 milliards de dirhams entre 2003 et 2007. Les investissements réalisés par l’ONMT durant cette période n’ont jamais dépassé plus de 0,90/o des recettes touristiques pour atteindre 0,75% en 2007.
Ces chiffres ne sont pas la résultante mécanique d’une augmentation du nombre de lits mais d’un travail constant au niveau des marchés pour faire en sorte d’augmenter la compétitivité de la destination.
Ensuite, je voudrais souligner ce qui constitue le véritable avantage compétitif du Maroc. Tous les pays ont une stratégie nationale pour ce secteur, tous les pays ont des atouts culturels, naturels, tous les pays ont les moyens de leur stratégie. Ce qui fait la différence pour le Maroc c’est son partenariat entre les secteurs public et privé et, croyez-moi, beaucoup de pays nous envient pour cela. Ne nous trompons pas de combat et ne faisons pas d’un avantage compétitif majeur un enjeu de clan ou de pouvoir. Sachons profiter de cet avantage pour encore renforcer ce lien et devenir plus forts. La clé pour les prochaines années sera notre capacité à nous mobiliser ensemble pour faire face à la concurrence et aux vrais défis et non de dépenser inutilement de l’énergie à briser ce qui est très difficile à construire à l’échelle d’un pays.
A mon sens les vrais défis qui restent à relever sont au niveau des ressources humaines et de la capacité d’hébergement. L’emploi et la gestion des ressources humaines doivent être au centre de nos préoccupations. Le secteur privé a une responsabilité énorme afin de mettre en place les systèmes de rémunération et de motivation ainsi que les programmes de formation pour attirer et retenir les talents qui feront la qualité de notre tourisme et ainsi participer à la création d’emploi, objectif final de la Vision 2010.
Le second défi sera la réalisation des capacités balnéaires qui doivent voir le jour à partir de 2008 et 2009 et qui nous seront nécessaires pour continuer à croître et faire du Maroc un acteur majeur du tourisme mondial.
Je voudrais terminer en paraphrasant J.F. Kennedy car je suis convaincu que tout est question de posture: «Demandons-nous ce que nous pouvons faire pour notre secteur et non ce que notre secteur peut faire pour nous». Je suis persuadé qu’en changeant de posture et en communiquant mieux, nous réaliserons ensemble de grandes choses.
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